Avec plus de cinq millions de trottinettes électriques vendues en France depuis 2016 et 609 000 nouvelles unités écoulées en 2025, l’engin s’est imposé comme un vrai mode de déplacement quotidien. Pourtant, côté assurance, beaucoup d’utilisateurs restent flous sur leurs obligations réelles. Or la réglementation ne laisse aucune place au doute.
Une obligation légale, pas une option
Depuis le décret du 23 octobre 2019, toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte par une assurance responsabilité civile. C’est l’article L211-1 du Code des assurances qui pose cette règle, la même que pour un véhicule motorisé classique. Rouler sans assurance expose à une amende forfaitaire de 750 euros, majorable jusqu’à 3 750 euros en cas de récidive ou de comparution devant le tribunal. En cas d’accident responsable sans couverture, c’est le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires qui indemnise la victime avant de se retourner contre le conducteur, parfois pour des montants dépassant 100 000 euros.
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Un point souvent mal compris : la RC incluse dans un contrat multirisques habitation peut suffire pour un usage très occasionnel chez un mineur, mais elle est généralement insuffisante pour un adulte qui utilise sa trottinette tous les jours. Elle ne couvre presque jamais le vol de l’engin. Si vous prévoyez de partir en vacances avec votre trottinette, veillez aussi à vérifier l’extension territoriale de votre contrat : depuis janvier 2026, la directive européenne 2021/2118 impose une couverture RC harmonisée pour les EDPM dans l’espace UE. Pour tout ce qui touche au transport de l’engin et à la couverture avant le départ, une page comme celle consacrée à l’assurance trottinette électrique donne des repères utiles sur les contraintes à anticiper.
Tarifs et garanties : ce que couvre vraiment votre contrat
En 2026, une assurance trottinette électrique se négocie entre 3 et 15 euros par mois selon le niveau de protection choisi. La formule RC seule, suffisante légalement, coûte entre 3 et 6 euros mensuels. Elle couvre uniquement les dommages causés aux tiers, pas vos propres blessures ni votre matériel. Pour un engin acheté plus de 500 euros, une garantie vol s’avère souvent indispensable : c’est le premier motif d’indemnisation constaté par les assureurs. La formule tous risques, qui intègre RC, vol, dommages accidentels et garantie corporelle, se situe entre 10 et 15 euros par mois.
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Quelques éléments font grimper ou baisser la prime : la valeur d’achat de l’engin (la facture est indispensable en cas de sinistre), l’usage déclaré (loisir ou domicile-travail), et le profil du conducteur. Les livreurs professionnels ne peuvent pas se contenter d’un contrat particulier standard : ce type d’usage est systématiquement exclu des garanties classiques. Autre point de vigilance : les trottinettes achetées sur des marketplaces étrangères, qui représentent désormais 28 % des ventes en volume, ne respectent pas toujours les normes françaises ou européennes, ce qui peut entraîner un refus d’indemnisation.
Une sinistralité en forte hausse qui change la donne
Les chiffres de l’ONISR sont sans équivoque : sur les douze derniers mois, 56 usagers de trottinettes électriques sont morts en France métropolitaine, soit une hausse de 19 % par rapport à la période précédente. Les blessés graves dépassent 900, en augmentation de 28 % en un an. À contre-courant de la tendance observée pour les automobilistes ou les piétons, dont la mortalité baisse. La prolifération d’engins débridés, capables de dépasser largement les 25 km/h autorisés, est l’un des facteurs explicatifs pointés par la Sécurité Routière. Ces engins hors normes sont par ailleurs souvent exclus des contrats d’assurance.
Dans ce contexte, l’obligation du port du casque pour les utilisateurs de trottinettes électriques et les cyclistes pourrait prochainement être généralisée en France, selon une actualité de début août 2026. Une mesure déjà proposée par le passé, qui revient sur la table face à des statistiques préoccupantes.

