Épargne des Français : quel est le montant moyen ? Découvrez les chiffres clés

18 000 euros. C’est le montant moyen d’épargne détenu par un Français en 2023, tous produits confondus. Ce chiffre masque pourtant d’importantes disparités selon l’âge, la région ou le niveau de revenu.

Les derniers chiffres de la Banque de France ne laissent pas place au doute : l’épargne liquide des Français ne cesse de progresser, alors que les placements à long terme stagnent. En parallèle, la dette publique française explose et franchit, pour la première fois, le cap vertigineux des 3 000 milliards d’euros.

Combien les Français épargnent-ils en moyenne aujourd’hui ?

La Banque de France et l’Insee établissent à 18 000 euros par personne le montant moyen d’épargne détenu par les ménages français. Mais cette moyenne cache une réalité bien plus fragmentée : la diversité règne, loin d’une France uniforme. Les écarts se creusent selon le niveau de revenu, la composition du foyer ou la région où l’on vit.

Le taux d’épargne des ménages reste élevé : 17,7 % du revenu disponible brut en 2023, positionnant la France parmi les pays les plus épargnants d’Europe occidentale. Cette dynamique, c’est près de 260 milliards d’euros mis de côté chaque année, alimentant livrets, assurance vie ou autres produits financiers. Mais ce flux massif n’est pas réparti de façon équitable : les 20 % de foyers les plus aisés concentrent plus de 60 % du patrimoine financier total.

La prudence s’impose, et la préférence pour la liquidité demeure. Les Français misent sur les livrets réglementés (Livret A, LDDS), qui pèsent ensemble plus de 540 milliards d’euros d’encours. L’assurance vie reste stable, tandis que l’investissement en actions progresse à peine. Ce choix révèle une méfiance envers le risque et une volonté de garder la main face à l’incertitude économique.

Des écarts marqués selon l’âge : chiffres clés par tranche générationnelle

La répartition de l’épargne selon l’âge met en lumière des trajectoires très différentes. Chez les moins de 30 ans, le montant moyen d’épargne tourne autour de 5 500 euros. Avec des débuts professionnels souvent précaires et des loyers élevés, difficile de voir son compte d’épargne décoller. C’est la réalité d’une génération qui doit jongler entre autonomie et revenus parfois instables.

Les choses évoluent chez les 30-44 ans : l’épargne grimpe à près de 13 000 euros. Les revenus se stabilisent, la propriété immobilière devient accessible, mais les charges familiales pèsent de plus en plus lourd. Consommer, rembourser, épargner : l’équilibre est délicat, et les différences à l’intérieur de la tranche d’âge se renforcent.

C’est entre 45 et 59 ans que l’on observe le sommet : la moyenne atteint 27 000 euros. À ce stade, l’expérience professionnelle porte ses fruits, et la préparation de la retraite devient un objectif concret. Le taux d’épargne se raffermit, l’accumulation patrimoniale atteint son apogée.

Après 60 ans, la tendance s’inverse. Les retraités, souvent détenteurs du patrimoine financier le plus conséquent, commencent à puiser dans leur épargne. Logique : l’heure est venue de profiter du capital amassé. Mais tous ne suivent pas ce schéma : certains continuent de renforcer leur épargne, d’autres la mobilisent pour soutenir enfants et petits-enfants.

Évolution des comportements d’épargne : quelles tendances pour 2025 et 2026 ?

L’environnement économique reste instable, l’inflation s’invite dans toutes les conversations, et les ménages s’adaptent. Le rendement des produits d’épargne devient un critère de choix décisif, au-delà de la simple sécurité. Livret A et LDDS n’ont rien perdu de leur attrait : en 2023, ils ont collecté plus de 40 milliards d’euros supplémentaires, selon la Banque de France. Un record, porté par la hausse des taux et une méfiance persistante envers la Bourse.

Mais un mouvement s’esquisse. L’assurance vie, placement de prédilection des Français, continue sa progression. La collecte nette sur les contrats en euros s’accroît, et les unités de compte séduisent davantage, portées par la quête de performance. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) gagne du terrain, particulièrement chez les actifs qui anticipent les ajustements de la réforme des retraites et souhaitent diversifier leur patrimoine.

Vers une diversification prudente

Voici les grandes tendances qui s’affirment dans la façon dont les Français placent leur argent :

  • Les placements financiers traditionnels dominent : près de 80 % des ménages possèdent au moins un livret.
  • La recherche de flexibilité s’intensifie : comptes à terme et livrets à taux boosté attirent une population plus jeune.
  • L’investissement socialement responsable (ISR) prend de l’ampleur, répondant à une demande croissante de transparence et d’impact.

Les arbitrages se font plus sophistiqués : conjuguer liquidité, rendement et responsabilité guide désormais les choix. Les perspectives pour 2025 et 2026 s’annoncent contrastées : prudence de rigueur, mais la tentation d’aller explorer de nouveaux supports d’épargne gagne du terrain. La sécurité n’est pas abandonnée, mais chacun scrute les alternatives, parfois avec audace, souvent avec vigilance.

L’épargne des ménages face à la dette publique : une comparaison éclairante

La France, nation d’épargnants, se distingue : le stock d’épargne détenu par les particuliers dépasse le montant de la dette publique nationale. D’après la Banque de France, l’épargne financière des ménages franchissait la barre des 6 000 milliards d’euros fin 2023, quand la dette publique atteignait environ 3 100 milliards. Ce contraste souligne la force de l’accumulation privée face à un endettement public massif.

Cette épargne repose sur une variété de supports : livrets réglementés, assurance vie, mais aussi actions, obligations et OPCVM. Les ménages optent pour la prudence sans négliger le rendement, jonglant entre sécurité et perspective de gains. Le patrimoine financier des Français reste largement liquide, tandis que l’État finance sa dette en s’appuyant, entre autres, sur l’épargne collectée par les banques et assurances auprès des particuliers.

Indicateur Montant (fin 2023)
Épargne financière des ménages 6 000 milliards €
Dette publique française 3 100 milliards €

Ce duel chiffré interroge la capacité d’investissement des Français, leur rapport à la confiance vis-à-vis de l’État, et la façon dont chacun appréhende le risque. À mesure que les marchés financiers évoluent, la relation entre épargne des ménages et dette souveraine reste l’un des grands ressorts de l’économie du pays. Les chiffres détonnent, mais derrière eux, ce sont les choix de millions de foyers qui dessinent le visage financier de la France de demain.

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